QUESTION D’UN SALARIE: C’EST QUOI LE COACHING?

Réponse de  Claire Demange-Salvage, Psychologue-Coach, Consultante en entreprise

 

COMPREHENSION DE L’ORGANISATION, DE LA CULTURE D’ENTREPRISE

D’une part le coaching permet au coaché de prendre conscience de la culture d’entreprise  dans laquelle il/elle est immergé, avec les limites, plus ou moins négociables, imposées par cette même culture. D’autre part, les séances de débriefing   qui réunissent le coaché et les acteurs impliqués dans la demande  initiale (RRH, hiérarchie, opérationnels) permettent un travail sur les relations dysfonctionnelles, grâce au questionnement du coach, acteur neutre et extérieur au système. Le coaching peut révéler certains dysfonctionnements organisationnels touchant directement la personne du coaché, le plus souvent un rattachement hiérarchique mal adapté, ou bien la nécessité de  formuler autrement le positionnement du coaché dans l’organigramme.

COMPREHENSION PAR LE/LA COACHE(E) DE CE QU’IL/ELLE  PEUT/DOIT CHANGER

Le cheminement que
j’ai pu  observer, chez celles et ceux que j’accompagne – sur des problématiques de management et de relations avec leurs équipes, avec la hiérarchie –  c’est effectivement un changement, mais pas dans le sens d’une hyper-adaptation à leur environnement, plutôt un recentrage sur soi – en quoi la situation extérieure résonne trop fort en soi, d’où provient leur sentiment d’échec professionnel. 

IDENTIFIER LES CHANGEMENTS POSSIBLES, TROUVER UN SOUTIEN POUR LES METTRE EN OEUVRE

Avancer dans la vie en restant en bonne
santé physique et mentale implique d’être capable d’opérer des changements ; changements qui vont se décliner au niveau de nos valeurs (moteurs de nos ambitions), de
nos liens affectifs (mariage, décès, naissance d’’enfants, divorces), de notre environnement matériel (déménagements, achat/vente d’un logement). Ce que nous connaissons de nous-mêmes, et ce qui compte pour nous, lorsque nous avons 20 ans change lorsque nous atteignons la trentaine, se modifie encore autour de la quarantaine, et ainsi de  suite – ces « cycles de vie », structurés autour d’une durée de 12-14 ans, ont été amplement étudiés aux USA depuis 40 ans par Levinston et Sheehy, entre autres. Curieusement, ces théories ont du mal à s’implanter en France, probablement du fait du conservatisme viscéral de notre culture, au contraire de  la culture américaine où les « nouveaux départs » sont possibles à pratiquement tout âge. Un ami revenu récemment de New-York me disait qu’il avait eu la surprise d’apprendre d’un chauffeur de taxi que ce dernier avait appris ce métier à 70 ans, et qu’il en avait aujourd’hui 80… d’après mon ami, ce chauffeur donnait l’impression d’avoir à peine atteint la soixantaine. Le chauffeur octogénaire l’a conduit à destination en un temps record…

LA CAPACITE A CHANGER  EST INDISPENSABLE A  UNE REUSSITE DURABLE

Nous savons que  ce qui incarne nos désirs et notre vision de la réussite   à 20 ans (par ex un certain métier, un certain mode de vie)  peut changer  radicalement 10 ou 15 ans plus tard , lorsqu’ayant atteint certains objectifs,  nous découvrons certains aspects différents de la vie et de nous-mêmes  qui méritent de s’y consacrer.  Si l’on a gardé strictement les mêmes valeurs à 50 ans qu’à 20 ans, il est probable que l’on va vivre une situation de souffrance et/ou de perte d’efficacité, des déceptions en tout cas ….

J’évoque ici un mouvement beaucoup plus complexe que la  seule trajectoire encore majoritairement  reconnue comme « normale » dans notre société, trajectoire d’une acmé professionnelle (jusque 40/45 ans) et d’un nécessaire  désinvestissement ou  non changement à partir de 45 ans, cet âge semblant inscrit dans notre système limbique (le tissu neuronal le plus primitif) comme celui d’une première « mort symbolique», celle de la fin de la jeunesse – il est vrai que pendant des milliers d’années, les hommes n’ont pas dépassé ce « grand âge », auquel ils avaient rempli leur dette vis-à-vis de la tribu, en terme de progéniture et de transmission.

LES VRAIS CHANGEMENTS SONT DIFFICILES A REALISER SEUL

L’enjeu pour la réussite de chacun est  de s’autoriser à réaliser une trajectoire personnelle, à partir d’une connaissance plus approfondie – de soi et des autres- , puis trouver l’énergie d’ accorder son activité professionnelle à cette nouvelle strate, pour définir une façon plus performante de se comporter, de travailler, de se réaliser avec  le collectif, parfois en prenant de la  distance par rapport aux standards normatifs  (« ce que l’on fait en général à tel âge avec tel parcours et telles compétences ») . L’énergie est nécessaire, car il faudra réussir à convaincre le monde extérieur, et imposer son individualité. 

Le coaching est un accompagnement permettant d’actualiser un potentiel qui évolue au fur et à mesure que nous progressons dans la vie. Souvent, un ou plusieurs échecs sont les indicateurs qu’un changement est nécessaire, et avec lui un temps de  réflexion  …

Le coaché et son environnement relationnel, professionnel, familial et amical du coaché le connaît/reconnaît  dans un certain rôle, une certaine «identité professionnelle », et ce regard   »passé » peut emprisonner, et bloquer le mouvement naturel du changement. C’est pourquoi l’accompagnement par un acteur bienveillant et aguerri au changement est nécessaire pour se donner toutes les chances de réussir cette nouvelle étape de vie.

UNE SOLUTION POSITIVE POUR LE COACHE ET L’ENTREPRISE

Le coaching permet de formuler et de mettre en oeuvre ce qui peut changer pour la personne coachée, au mieux de ses intérêts, au sein de l’organisation où elle travaille ou  à l’extérieur,  et ouvrir de nouvelles voies bénéfiques pour les deux parties.

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