Critères pour choisir votre coach

 

Les critères pour choisir votre coach vont solliciter l’idée que vous vous faites de vous  et l’idée que vous vous faites de votre coach “idéal”, qui pour certains devrait avoir quelque chose d’un “double”(même milieu socio-culturel, même formation initiale, même diplôme principal, même parcours professionnel)) ou bien être proche de l’idéal que vous n’avez pas atteint (par ex. diplôme d’une grande école, parcours à un poste de direction, etc.).

Nous allons essayer de voir ensemble les limites d’un tel raisonnement, et, peut-être, identifier des repères plus justes pour le bon choix d’un coach.

Il est vrai que le “même” que soi rassure… mais celui qui est le même que vous n’a guère besoin de vous écouter, puisque d’une certaine façon, il vous connait déjà…

QUELLE(S)  DIFFERENCE(S)  ENTRE UN COACH ET UN  “PSY” ?

L ’identité du coach est un thème porteur, comme en témoignent les discussions fréquentes  sur ce thème, dans les sociétés qui regroupent les coaches –  tout comme chez  les acheteurs de coaching. En témoigne aussi la polémique fréquente sur la différence entre « psys » et « coachs ».  Derrière cette polémique pointe le risque d’une confusion entre deux pratiques, qui sans être identiques, ont néanmoins de réelles affinités, d’où la nécessité de quelques “critères de sélection” communs aux deux pratiques

.Il est vrai que le coach, dont l’activité s’inscrit dans les sciences  molles, dites humaines,  et non dans les sciences dures (physiques), est plus proche du “psy” que du médecin. Or il n’est  pires ennemis que les tribus « sœurs », comme l’histoire nous l’a montré par exemple avec la « guerre fleurie « combat perpétuel opposant au 15ème siècle les tribus aztèques de même origine, ou, plus proches de nous, les « clans » dans les cités.

Pourquoi ? . La tendance à constituer des clans, ériger des barrières,  permet de projeter  sur le  clan  voisin (selon la logique du bouc émissaire) le “mauvais” que nous portons en nous et préférons ignorer. Comme nous l’a appris Freud et ses successeurs,  la dualité bien/mal caractérise le vécu de tout être humain, et ce dès sa naissance.

VERS UNE CULTURE PLUS PRAGMATIQUE  DES COMPETENCES ET DE L’EFFICACITE ?

On retrouve ici le vieux préjugé français de la formation initiale,  qui constitue la “case” (1) qui définit mais enferme, dès lors qu’on y est entré. Cette formation initiale peut même être d’autant plus décriée qu’elle est proche du métier de coach et synonyme d’un diplôme d’état en sciences humaines (psychologue, psychiatre) – attisant les affres de ceux qui ne peuvent faire état d’un tel diplôme, car aucune école de coaching ne délivre à ce jour de diplôme d’état.

L’aspect positif de ce constat, c’est que ce qui créée la légitimité, c’est la réputation, et ce qui créée la réputation, ce sont les résultats obtenus et le bouche à oreille. Le coaching professionnel serait-il le premier métier à créer une brèche dans la culture française de la formation initiale et du diplôme ? Signerait-il l’irruption, d’une culture, nouvelle en France, celle des compétences et de l’efficacité?

L’aspect négatif, c’est que toute personne ayant une pratique de coach doit s’attendre à ce que son parcours antérieur ou sa formation initiale soit l’objet de critiques de diverses corporations. Et chacun ira de ses projections négatives personnelles sur les défauts inhérents à tel cursus, perçu comme un « formatage« déformant. Peut-être est-ce d’ailleurs l’utilité principale des écoles de coachs,  dont les certifications ne sont au fond qu’une petite pierre à l’édifice du professionnalisme d’un coach, que de tenter – sans y réussir complètement – de raboter les différences initiales des diplômes et des formations, génératrices d’une hostilité disqualifiante, afin de créer un esprit de corps, tout en rassurant les consommateurs potentiels du coaching.

Ce qui pointe, derrière cette polémique, c’est l’angoisse d’une confusion identitaire possible, et le besoin de se rassurer en ne reconnaissant comme légitimes que ceux qui ont la même formation ou le même diplôme que soi. Cette confusion identitaire va se manifester de plusieurs manières selon les personnalités : chez les personnalités dites  «psychosomatiques »,  la menace de confusion identitaire entraînera des irritations cutanées et autres allergies, eczéma ou oedèmes de Quincke. Chez les personnalités narcissiques, des crises de paranoïa. Ceux qui sont les moins atteints – la majorité- se contenteront de montrer les dents.  Aujourd’hui où tout devient difficile (baisse du pouvoir d’achat, situation économique et économie en stagnation si ce n’est en récession), où le désir d’évolution professionnelle est un challenge d’autant plus éprouvant qu’il peut confronter au risque de l’insécurité matérielle,  il est compréhensible que l’identité du coach devienne elle aussi un critère concurrentiel entre collègues, et pourquoi pas un argument de vente vis-à-vis des clients.

POUR UN COACHING ETHIQUE ET CREATIF

Or la question ne se pose même pas, le « vrai » coach n’est ni émetteur ni récepteur de telles critiques. Car ce qui fonde l’identité du coach, c’est sa capacité à disposer d’un espace psychique (créé par son travail de développement personnel) où il peut accueillir et « traiter » en toute sécurité la parole du coaché.  C’est aussi sa capacité à cerner très rapidement la culture d’entreprise où évolue le coaché. C’est enfin sa faculté de pouvoir tenir à distance ses références théoriques, universitaires, et même socio-culturelles, pour se centrer sur le coaché et son environnement professionnel afin d’utiliser de manière créative ses différents outils  (comportementalisme, gestalt, psychanalyse, systémique, programmation neuro-linguistique (PNL), analyse transactionnelle (AT)) sans jamais être assujetti à l’un d’eux comme unique système d’appréhension de la situation.

Bref, un « bon coach » vous parle de manière simple et limpide, et non dans un jargon «lacan-like », lequel témoigne  au pire d’une position de domination subtile, au mieux  d’un manque de maturité, tout  comme un vin qui n’a pas suffisamment vieilli.

La spécificité du coaching est l’émergence de solutions à l’intérieur de l’espace de parole partagé entre le coaché et le coach, solution qui se crée souvent « ailleurs », dans une dimension différente de la demande initiale, qui atteint et dépasse l’objectif initial.

C’est pourquoi les prescripteurs et les futurs coachés seront attentifs aux limites des estampilles,  labels, certificats, normalisations et rationalisations excessives du métier de coach, et ouvrir les critères de choix d’un coach en donnant la priorité aux résultats obtenus et vérifiables auprès d’anciens coachés. Le coach devra bien sûr faire état bien sûr d’une formation de bon niveau et d’une bonne connaissance du monde professionnel.

L’ECOUTE AVANT TOUT

N’oublions pas que  la compétence commerciale,  la compétence médiatique,  ou encore la compétence d’enseignant/formateur, qui sont des vecteurs de renommée, sont  très éloignées de la compétence d’écoute en « one to one » du coach. Le diplôme prestigieux, les connaissances encyclopédiques théoriques, ne sont pas suffisantes pour faire un bon coach, même si cette valeur quantitative peut rassurer, sur la balance prix/produit.  Attention aussi à la tendance des aspirants au coaching à faire leur choix selon la logique du  « même» que soi, qui rassure mais peut enfermer : Il n’est pas suffisant d’avoir passé 20 ans dans le même secteur professionnel que vous pour être un bon coach pour vous.

Le risque pour l’acheteur de coaching (qui intervient en amont de la rencontre coach/coaché), c’est de privilégier l’un ou l’autre de ces critères de sélection de coaches, immédiats et superficiels. L’adéquation entre les compétences du coach, l’environnement de l’entreprise et les personnes susceptibles d’être coachées est difficile à rationaliser, car  en dernier lieu, c’est le futur coaché qui sentira s’il peut progresser avec un coach ou pas.

Ainsi, contrairement à d’autres familles d’achats, ce n’est pas la réduction, mais l’ouverture du panel de fournisseurs qui est la stratégie la mieux adaptée à l’achat de coaching. Les grands comptes qui nous confient des missions l’ont bien compris, puisqu’ils travaillent depuis plusieurs années avec des coaches internes, qui leur ont permis d’acquérir une  culture certaine en matière de coaching. Nous les louons pour leur aptitude à pratiquer cette ouverture, dans le respect de la relation intuitu-personae qui reliera le coaché et son coach.

 

(1) cf. le système de “castes” français décrit   par Philippe d’Iribarne (1989 : La logique de l’honneur, Seuil)